Promenade champêtre au début de l'été,

Non loin de la maison passe un petit chemin
Qui charmant et discret courtise la campagne;
Il fait bon l'emprunter surtout de bon matin
Quand la fraîcheur de l'aube encor vous accompagne.

Par delà les bosquets pousse la marguerite.
Parsemant sa blancheur, comme gouttes de sang,
Les fiers coquelicots que douce flore invite
Hissent dans l'herbe tendre un rouge flamboyant.

Parfois un vieux calvaire, entouré de charmilles,
Vénérable se dresse au détour du sentier
Et l'on voit les oiseaux le bec plein de brindilles
Chercher un abri sûr au coeur d'un églantier.

Ô soleil enchanteur, bientôt tu nous accueilles!
La chaleur assoupit la faune qui s'endort.
Cigales et criquets se cachent sous les feuilles,
C'est l'heure de la sieste et le silence est d'or.

Seuls quelques papillons de fleur en fleur voltigent
Et dansent dans l'azur survolant un mûrier;
Pendant un court instant leurs deux ailes se figent
Puis ils vont se poser sur le bras d'un laurier.

Que j'aime à contempler ce ravissant bocage
Que n'a pas agressé l'homme profanateur!
Dans la sérénité qui, le soir, s'en dégage
Mon être est visité par l'Amour Créateur.
Poésie écrite en 1993.
Publiée dans la revue "Rythmes Armoricains" des poètes classiques d'Armorique n° 62 du 2ème trimestre 1995.
