Je trouve bien longs les jours entre ma visite chez l’ORL et celui du jour de ma fête…
Le jour "J" arrive enfin: le 6 décembre...
Je me prépare pour me rendre à la clinique à pieds. Daniel me lance: "Tu veux que je vienne avec toi?"
Oh oui alors! Je n’osais même pas le lui demander. Mais je l’espérais drôlement, qu’il m’accompagne.
Je suis donc arrivée cette fois à la clinique en voiture et qui plus est, accompagnée de mon chauffeur. (sourires)

Pour aller vers la salle d’attente, des bonjours de mon homme dans les couloirs à l'un, à un autre. Bien oui, c’est tout de même là qu’il travaillait encore l’an passé avant sa retraite, le 2 mai!
Nous n'attendons qu'un court moment. J’angoisse un peu. Mais, mon tour arrive.
Tout en voulant prendre mes affaires, je demande si mon mari peut m'accompagner. "Non, non! Mr F. va rester dans la salle d'attente. Vous êtes assez grande pour venir toute seule! Pas vrai!"
Je décide donc de laisser mon manteau et mon sac. J'emporte juste avec moi les clichés de mon IRM.
Je ne sais pas si elle a compris, ou fait mine de ne pas me comprendre, mais moi, ce que je voulais, c'était que Daniel soit à côté de moi pendant la ponction.
Bref, je dois donc "y aller toute seule" et c'est "toute seule" aussi que je suis l'assistante et que du coup je stresse encore un peu plus, "toute seule"! C’est "zen", malgré tout, que j'entre vers la salle où m'attend déjà la radiologue.
Je ne la connais pas encore cette radiologue: il n'y a pas longtemps qu'elle exerce dans la clinique. Il s’est avéré qu'elle est une jeune femme très douce et très compétente comme j'ai pu le constater quand elle m'a fait mes prélèvements. Je n'hésiterais pas à la recommander vivement à quiconque aujourd'hui.
Je commence à vouloir enlever mes chaussures avant de m’allonger sur la table médicale.
"Mais non, madame F., ce n’est pas la peine! il y a du papier sur la table! Enlevez juste votre pull et le chemisier si vous en avez un." C'est l'assistante qui parle.
Je réponds du tac au tac: "Vous savez, je suis complètement à côté de mes pompes depuis 6 jours, soit depuis que j’ai eu ma consultation chez l’ORL.
-Et bien justement, il ne faut pas enlever vos chaussures si vous êtes déjà à côté de vos pompes!". (sourires)
C’est toujours l’assistante qui me parle. Et elle ajoute: "Je sais que je peux plaisanter avec vous madame F. parce que je vous connais bien. Sinon, je sais être plus sérieuse. Mais vous me connaissez bien aussi, n’est-ce pas! D’ailleurs, vous m’avez fait peur en revenant si vite. Je croyais que c’était à cause d’une tumeur au sein que vous reveniez. On avait passé une mammo ensemble il n'y a même pas un mois. Et après vos petits problèmes d'il y a 6 ans d'un côté, et ce que nous venions de trouver de bizarre de l'autre bord, j'ai eu peur…
-Non, non, c'est tout bon! Ça va J'ai eu le résultat de la deuxième lecture. RAS!
-Ah, ben tant mieux! Vous en avez assez eu comme ça, je pense.
-Oui, c'est vrai que j'ai déjà bien donné, mais me revoilà quand même pour un autre "truc" auquel je ne m'attendais pas du tout.
-C'est vrai, qu'est-ce que vous pouvez déguster quand même! Mais là, ça va aller.
-J'espère. J'y crois toujours! Et je suis bien accompagnée pour y croire en plus!"
(sourires) Oui parce que là, je pense à toutes mes amies qui ont pensé fort pour moi, ces derniers jours. Je ne vais pas m'étaler. Mais sans doute je suis comprise... J'en avais parlé là .
Pendant ce temps-là, la radiologue prépare ses piqûres…
Me voici à présent allongée. "Madame F., cela va être assez douloureux, on vous aura peut-être prévenue. Mais il ne faudra cependant pas bouger du tout. Sinon, l’aiguille pourrait casser!
-Juste une question avant que ne me piquiez, pourquoi on ne fait pas d’anesthésie locale pour effectuer ces prélèvements?
-Parce que la piqûre pour une anesthésie fait aussi mal que celle pour le prélèvement!
-Ah bon!"
On me badigeonne avec un antiseptique et c’est parti!
Première piqûre - Je sens comme une pointe d’épingle qui s'enfonce dans mon cou, juste sous l’oreille. Tout compte fait, je n’ai pas mal du tout. La sonde de l’échographie me fait beaucoup plus mal que l’aiguille. Car la radiologue doit vraiment appuyer très fort pour réussir à localiser la tumeur.
"Il est drôlement profond votre adénome!" me dit-elle.
Bon, je n’y arriverai pas cette fois! Je vais prendre une autre aiguille."
Deuxième piqûre - Idem à la première! Aucun résultat!
Troisième piqûre - Ah, cette fois, je ressens une douleur et ça commence même à me faire assez mal. Elle doit toucher une zone sensible. "Je ne dois pas bouger. Je ne dois pas bouger...".
"Je vous enlève l’aiguille!" Et elle se tourne alors vers son assistante.
"Vous allez devoir aller me chercher des aiguilles plus longues et plus grosses de ??? car je ne vais pas y arriver autrement. Je n'ai réussi qu'à avoir un tout petit prélèvement et seulement sur la partie externe de l'adénome."
L’assistante sort de la pièce. Je ne bouge pas et reste bien comme on m’a placé ma tête. "Zen"!
L’assistante revient.
Et c'est reparti, on recommence!
Quatrième piqûre -Ah, oui, je comprends de suite que l’aiguille n’est pas comme celles d’avant!
Et surtout, quelques secondes plus tard, je sens nettement que l’on est en train de me traverser "ma boule". Qu’est-ce que ça ma fait mal! Non d'une pipe! J’en ai les larmes aux yeux mais "Il ne faut pas que je bouge. Il ne faut pas que je bouge!". Plus facile à penser qu'à faire! Mais je ne bouge pas d'un millième de mm.
Je murmure juste: "Hum, hum!". Et la fille que je suis, n'est pourtant pas douillette!
Cela a dû durer une bonne vingtaine de secondes mais ça m’a paru bien plus long.
La radiologue donnait des indications à son assistante en même temps qu'elle faisait le prélèvement: "Allez-y, là, maintenant, prenez le cliché sur l’écran!". Quelques secondes après: "Vous pouvez en prendre un autre. Merci!".
C’est certain qu’avec deux mains, une sur la sonde qu’elle se devait d’enfoncer profond et l’autre tenant l’aiguille, déjà je me demandais comment elle y arrivait.
Mais elle était tellement douce, elle me parlait tellement avec douceur, que je me sentais totalement en confiance.
Et je pensais: "Heureux que ce ne soit pas la radiologue que je ne peux plus voir depuis qu'elle s’est trompée par deux fois dans ses diagnostiques avec moi! Ah oui alors, car si j’avais su que cela aurait été elle aujourd’hui, j’aurais demandé quelqu’un d’autre!"
"J’enlève l’aiguille! Vous allez pouvoir reprendre un peu vos esprits. Et en même temps, je vais vous demander de réfléchir à ce que je vais vous demander. Voilà, je viens d’avoir un bon prélèvement. Mais, si vous vous en sentez capable, j’aimerais bien en prélever un deuxième aussi important. Le résultat n’en sera que plus certain. Vous me comprenez?"
Et je la regarde alors en tournant ma tête de son côté.
"C’est comme je veux?
-Oui madame F. ! Je ne vous repiquerai que si vous le souhaitez. Mais ce serait bon de le faire. Je sais que c’est très douloureux et là en plus, votre tumeur est mal placée mais en plus elle est très dure. C’est pourquoi, si je pouvais enfoncer un peu plus à l’intérieur de celle-ci, ce serait vraiment bien. Pour pouvoir confirmer le résultat de la biopsie, bien entendu!"
Je ne réponds pas: j’en suis bien incapable!
La radiologue est en train de mettre sous plaquettes mon prélèvement. Elle revient alors vers moi. Commence à déballer la cinquième aiguille.
Je lui dis: "Ah bon! Je sais bien, qui ne dit rien consent, mais je n’ai pas encore répondu "oui" que vous êtes déjà prête à me repiquer.
-Oh, excusez-moi, je pensais que vous étiez d’accord!
-Et bien oui allez-y! Tant que je suis là, autant tout faire comme il se doit d’être le mieux. Autrement, s’il me faut revenir, pour tout recommencer à zéro car on aura un doute, je n'en ai pas envie!"
Et l’assistante de dire alors: "Madame F. en a déjà vu pas mal, elle est courageuse, hein! je me trompe pas?". Et elle me sourit en me faisant un clin d’œil.
Cinquième piqûre donc: le bouquet final! Quand je me disais que ça allait bien être ma fête aujourd’hui! (sourires)
Des "hum, hum", j’ai dû en dire je ne sais combien. En tous les cas, ce prélèvement durait encore plus longtemps que le précédent et me faisait encore plus mal.
"Je retire l’aiguille madame F. Voilà, c’est terminé! Cette fois, je ne vous demanderai plus rien du tout! Je vais juste vous mettre un pansement pour ne pas risquer une infection et vous le garderez deux jours. Vous pourrez prendre une douche, il est imperméable."
L’assistante: "Ça va aller, madame F.? Vous allez pouvoir vous relever toute seule et vous rhabillez. Où j’appelle votre époux? Maintenant, il a le droit de venir! (sourires)
-Non! pas la peine! ça va aller! Merci, c'est gentil!"
Je m’apprête à me relever mais là, je ne tiens plus. J’éclate alors en sanglots. Hou la la, que ça fait du bien! Les larmes toutes chaudes sont presque la récompense du désagrément que j’ai eu pendant les deux derniers prélèvements…

Je sors de la pièce mais l’assistance tient à m’accompagner jusqu’à ce que j’ai rejoint Daniel. Il est midi passé et il n’y a plus personne dans la salle d’attente. Je la traverse pour aller m’asseoir à côté de mon homme. Et dès que je me trouve sur la chaise, je repars de plus belle à pleurer. Mes nerfs tombent...
"Tu as eu mal? Bon, dis toi que c’est un mal pour un bien. Et pense maintenant, que c’est déjà une bonne chose de faite."
Je le sais mais il me faut quelques minutes pour retrouver la sérénité.
Nous attendons les images prises pendant l’examen. Je paye... et on s’en va. Oh oui, partir vite d’ici!

"Est-ce que tu veux aller quelque part? Est-ce que tu as besoin de faire des courses?" me demande Daniel.
"Oui, je veux m’acheter des chaussons pour lorsque je serai hospitalisée. Et en ville, plus aucun magasin ne vend de chaussons maintenant."
+++ +++ +++
C’est ma foi vrai! Et c’est un comble! Ou les gens marchent en chaussettes, voire pieds nus, ou encore restent dans leurs godasses toute la sainte journée chez eux, mais on ne trouve plus une seule paire de chaussons ou pantoufles, pas plus de claquettes chez les chausseurs en centre ville là où j’habite.
+++ +++ +++
Nous voilà partis chez E. L. Je trouve une unique paire à ma pointure. Pas possible, là c'est pareil! Et je ne fais que du 39! Je suis donc obligée de prendre une jolie paire de mules noires "Hello Kitty"…
;-)
Il est presqu’une heure lorsque nous revenons à la maison pour manger.
Je n’ai pas très faim. Je mange un yaourt. J’avale deux gélules de Lamaline et je vais directement passer tout le restant de ma journée au creux de mon oreiller. La douleur ne passe pas. Elle persistera pendant presque toute la semaine là où l’on m’a piquée.
Elle avait dit vrai, la radiologue: "Vous risquez d’avoir un hématome mais ce sera normal. Aucune inquiétude si pas de démangeaisons en plus!".
Deux jours plus tard, quand j'enlève le pansement, j'ai une beautifull marque de plusieurs cms colorée de brown. Au cours de la semaine, elle passe du blue au purple, et enfin au yellow et au green. ;-)
Explications du ;-): j'ai eu Marine le mercredi, donc deux jours après la ponction. Nous avons profité de la couleur du "bleu" en fait, pour lui remémorer ses couleurs en anglais. Elle les avait apprises en CP. Elle est en CM2 cette année. C'était tout en mangeant le midi et franchement, on a bien rigolé.


C'était sympa de décompresser un peu et de se marrer comme ça! Presque aussi bon que les chouquettes de Mamielol avec le fromage blanc. "N'est-ce pas Marine?"

Et là, quand d'aucuns auraient dit:
"Il n'y a plus qu'à croiser les doigts en attente du résultat!"
Moi je disais plus:
"Il n'y a plus qu'à prier en attendant le résultat!" ...
